jeudi 2 septembre 2010

Le jour où j’ai voulu faire un cours de japonais

Depuis quelque temps, l’idée d’apprendre une nouvelle langue me titille l’esprit. Mon immersion récente dans les mangas et autres animes a tranché : ça sera le Japonais. Après de vaines tentatives sur le net, je me décide de faire une inscription à un vrai cours avec un prof, des horaires et des camarades. Je me suis dit que ça me motiverais… Car le maître-mot de mon histoire est la motivation.


Squattant ma timeline twitter comme d’habitude, j’intercepte une discussion dont le sujet est : les cours de japonais à l'Institut Bourguiba des Langues Vivantes… Il n’en fallait pas plus pour me décider. La procédure parait simple :

- faire une pré-inscription en ligne sur le site de l’IBLV ;

- compléter l’inscription dans les locaux de l’IBLV en amenant les documents nécessaires.

Un petit tour de table (ou plutôt un petit tour de ma liste de contacts) me permet de trouver des amis qui voudraient bien partager cette activité avec moi.


L’inscription en ligne effectuée, on me donne un rendez-vous ferme : un mercredi à 12h. Je dois avouer que sur le moment l’heure du rendez-vous m’a interloqué : un horaire aussi précis (ce n’est pas 8h ou 14h) laisse présager que tout est bien organisé et chacun a son propre rendez-vous. Un petit check avec mes amis ennuage légèrement mes espérances car c’est le même rendez-vous. Je me console en me disant que l’horaire est réservé à ceux qui font japonais.


Mes espérances se fracassent contre la réalité à l’heure du dit-rendez-vous. Face à moi se trouve une horde de gens armés de leurs photos, enveloppes et papiers prêts à faire leur inscription. Y aurait autant de tunisiens friands de la culture du pays du soleil levant ? Que nenni ! Tous les pré-inscrits à toutes les langues avaient rendez-vous ce même mercredi à 12h.


Une lueur d’organisation montre sa tête quand j’apprends qu’on passe avec des numéros. Le mien ? 198. Il est 12h10 quand j’arrive à la salle d’attente. J’arrive tant bien que mal à trouver un endroit où poser les pieds. J’entends qu’on appelle un numéro : 63 !


5 minutes plus tard, on n’a appelé personne. Un clair constat s’impose : Ils en ont encore pour deux heures au minimum, surtout que tout le monde passe par un seul bureau où il y a une seule personne. M’étant éclipsé brièvement du bureau, il ne me reste qu’une alternative : y revenir bredouille. En somme : je viens de perdre une heure de ma vie pour RIEN ! Des nèfles.


Je reviens tout de même 2 heures plus tard histoire de vérifier l’évolution de la file d’attente. Les portes sont fermées. Tout le monde est rentré. J’explique mon cas au gardien qui me conseille de revenir le lendemain à la première heure pour essayer de négocier une dérogation à l’amiable.


C'est donc le lendemain que je me pointe à 8h15 devant l'IBLV espérant en finir dans quelques minutes et retrouver mon bureau et avec, une activité normale. La porte ne s'ouvre qu'à 8h30, le temps qu'une vingtaine de personne viennent partager ma primauté. Rien de méchant apparemment. Une petite discussion me fit découvrir l'abominabilité des évènements de la veille : tous ceux dont le numéro dépassait 100 étaient recalés à aujourd'hui.


Là une question me surgit à l'esprit : Si on prend une minute en moyenne pour inscrire une personne, on ne peut dépasser 120 personnes entre midi et 14h. Pourquoi avoir accordé un rendez-vous à cette heure à plus de 200 personnes ? Pourquoi ne pas avoir planifié une heure par langue et par niveau ? Les locaux vides leur rappellent le vide de leur vie ? Il n'y ont pas pensé ?

Revenons à notre histoire. 8h30 j'entre dans l'IBLV, je récupère un nouveau numéro et je monte au deuxième étage pour accomplir mon inscription. Il a fallut attendre 9h pour que la dame commence son boulot après avoir scandé partout qu'elle ne retrouve pas ses affaires (stylos et agrapheuse) qu'elle avait laissés la veille à la relève. C'est donc avec très peu zen-ttitude qu'elle démarre, et qu'elle commence à appeler ceux sont venus exclusivement ce matin. Pourquoi ne pas commencer par ceux qui ont poireauté deux heures et revenus 18 heures plus tard ? Mystère et boule de gomme!


J'arrive donc à faire mon inscription. Il ne reste plus qu'à payer. Je m'achemine vers le bureau de Poste le plus proche. Je dois avouer que la poste s'est améliorée considérablement en termes de qualité de service, notamment en ce qui concerne la gestion de la file d'attente. Je n'ai presque pas perdu de temps. Je reviens à l'IBLV je vais à l'autre bureau, celui où on prépare les cartes d'étudiants. Il est 10h05. Le monsieur au guichet me dit d'attendre 10h30 pour récupérer ma carte. Pourquoi ne pas regagner mon bureau tant qu'il n'est pas trop tard ? Parce que ma carte se perderait si je ne la récupère pas aujourd'hui... ça en dit long sur leurs méthodes d'organisation et de gestion de cartes...


Mon attente s'éternise à mes yeux. Je commence à envisager le pire des scénarios quand je vois certains priés de faire un petit tour dans les différents bureaux de l'administration. La raison ? Le paiement ne serait pas passé. Et hop un autre point d'interrogation me frappe... mais passons.


Il est près de 11h quand on appelle mon nom. Enfin! Je suis sauvé! La fin arrive! J'ai ma carte dans la main! Mon inscription est terminée! Je sens les larmes de joie batailler avec mes paupières... C'est sur mon petit nuage que je me dirige vers ma voiture. Un nuage duquel je me précipite de dégringoler.


Vous l'auriez deviné, je ne trouve pas ma voiture. Il faut avouer que je l'ai bien cherchée. Je pensais descendre pour à peine trente minutes, j'ai mis trois heures. Question : dans quel fourrière municipale a-t-on déplacé ma voiture ? La plaque indique "Lafayette" mais je préfère la faire à la tunisienne : poser la question à un passant :

- Excusez-moi ! J'ai laissé ma voiture ici et on me l'a enlevée. Sauriez-vous où se trouve cette fourrière Lafayette ?

- Oui, oui c'est celle qui est derrière l'hôtel le Mechtel.


Là, je ressens la fatigue remonter. L'endroit n'est pas très proche mais je me ressaisis. Plein de confiance, je me dirige vers l'endroit indiqué. Quelques minutes de marche plus tard, j'y arrive. Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche.. je ne la vois pas. Le pire des scénarii commence à se dessiner dans ma tête. M'aurait-on pris la voiture? Je pose la question à l'agent municipal qui me rassure : je me suis trompé de fourrière :/


Le monsieur qui croyait tout savoir n'a pas jugé bon de me dire "Je ne sais pas" Non mais pourquoi ? Il y perderait quoi ? A quoi bon indiquer à quelqu'un une direction si on ne la connait pas ? On y gagnerait quoi s'il se perde ? On y perderait quoi si on avouait ne pas détenir tout le savoir (qui est, rappelons-le, le cas de tout le monde) ?


Je reviens donc sur mes pas pour regagner l'autre fourrière qui est à une centaine de mètres de l'IBLV. Je paye ma taxe. Je m'assoie sur mon siège. Je regarde l'heure : 11h50. C'est une quinzaine de minutes plus tard que j'entre dans mon bureau, avec près de 3h30 de retard.

2 commentaires:

C0mP1laT0r a dit…

reste à faire un jeux vidéo japonais avec ça :)

Lindy a dit…

hihi j'admire tout de même ta témérité XD