jeudi 24 septembre 2009

HOWTO: Créer une panique?

De nos jours, il est très facile de lancer un mouvement de panique. Cela est d'autant plus facile avec les réseaux sociaux qui permettent un haut taux de pénétration de l'information.

Donc, pour commencer, chercher un évènement marquant qui vient de se produire ; peu importe si la population visée en est concernée. Nous appellerons cet évènement un évènement de base. Attendre ensuite que des évènements évoquant (même asymptotiquement) l'évènement de base se produisent en concernant cette fois la population visée. Ces évènements seront appelés cadre favorable. Il est bien important de faire en sorte que ce cadre favorable soit communiqué à une forte proportion de la population visée.

Dès que le cadre favorable est mis en place, on rappelle l'évènement de base et on prévoit sa réalisation chez la population visée. Ce pronostic est appelée trigger ou déclencheur. La véracité ou la crédibilité du trigger importe peu.

Laisser le bouche-à-oreille faire son boulot. Il est important de remarquer que le trigger, de part sa nature exceptionnelle, se propage plus facilement que les démentis ; même s'ils sont émis par la même source.

Application : panique à Tunis le 23 septembre 2009

Evènement de base : tornades dans le centre du pays (près Moknine & El Jam) une semaine plus tôt et morts suites à des inondations au sud-est du pays le jour même
Cadre favorable : pluies un peu partout sur le pays et un avertissement pour un vent fort (dans les 70km/h) par la météo
Trigger : lancer un avertissement contre la tornade

Bilan : Activité économique stoppée dans la plupart des entreprises de la capitale, une avalanche d’annonces sur tous les réseaux sociaux et une couverture exceptionnelle de l’évènement sur la radio locale.

Il est à remarque que personne n’a pris au sérieux les prévisions de la météo tunisienne (même si elles sont corroborées par des sources indépendantes de météo). Habitués à un euphémisme permanent de la part des médias, les gens n’ont pas eu confiance lors d’un communiqué rationnel et pertinent.

Question : quelles sont les leçons à tirer ?

1 commentaire:

Arbiz a dit…

Je pense que la véracité des moyens de communications est à remettre en cause, et surtout celle des moyens officiels qui, de part un postulat qui dit que plus tu caches mieux ça sera, sont mal vus de part leurs déclarations ne serait ce que burlesques et d'une stupidité poignante!